Faisons de notre avenir un beau présent.

ALTER’Éducations

L’équipe de réflexion « ALTER’Éducations » organise des activités à propos des thématiques de l’éducation et de la pédagogie, tout en proposant des ateliers et des projections, ouverts au public, afin d’échanger et apprendre tous ensemble.

Nous avons une réelle volonté de mettre en place des applications concrètes de ces réflexions et échanges, au fil de rendez-vous périodiques. Toute intervention d’une personne souhaitant exposer une activité pédagogique est la bienvenue pour réaliser une présentation lors d’un futur événement. Nous sommes également ouverts à d’autres propositions, idées.
Échanger et partager les points de vue et les bonnes pratiques est la vocation première de ce groupe.

Voici ci-dessous un petit aperçu de nos réflexions.

Comment peut-on définir « l’éducation »?

Étymologiquement, ex-ducere signifie : mener, conduire hors de… Mais hors de quoi ? Hors de l’enfermement en soi, dans le petit soi racorni de l’égocentrisme, dans ses enfermements communautaires, ethniques, religieux, familiaux, sociaux…
S’éduquer vraiment c’est faire la rencontre de la diversité humaine, dans les manières de vivre et de voir le monde.
S’éduquer, c’est être un grand vivant. C’est laisser passer le flux de la vie en soi pour s’ouvrir à d’autres dimension de Soi par la rencontre ouverte avec autrui. Un enfant ou un adulte qui vit de cette manière va spontanément développer des attitudes d’accueil, d’ouverture, de confiance en soi et de confiance en la vie. Il sera certainement moins stressé, angoissé, dépressif, car il saura gérer les épreuves de la vie, leur faire face avec calme et courage.

Apprendre est l’essence même du sens de la vie.

-> Quelqu’un qui cesse d’apprendre de lui-même et des autres peut commencer à mourir et à être une source de problèmes pour la société et son entourage car il devient négatif, d’une manière ou d’une autre. Il peut tomber plus facilement malade, aussi.

-> On peut apprendre à désobéir, à ne pas comprendre ce que l’autre veut nous transmettre car il n’y a pas de sens, pas de motivation, pas de réel désir de connaître l’autre, du fait d’une relation mal établie, de perturbations extérieures (problèmes familiaux, économiques, environnementaux, angoisses, problèmes psychiques, relationnels…).

-> La peur d’apprendre s’installe quand l’estime de soi est trop basse ou quand le contexte familial ou l’environnement de vie est dysfonctionnel (violent, aliénant, intolérant…).

-> Une éducation familiale peu aimante, trop indifférente, trop froide ou, au contraire, trop étouffante, trop intrusive ou trop fusionnelle, carence durablement l’enfant puis l’adulte, car son essence n’a pas été nourrie correctement.

-> L’auto-éducation, processus prépondérant, est naturel car l’être humain est un être pris dans son devenir mimétique. C’est-à-dire qu’il a besoin de modèles qu’il va imiter spontanément sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours aux mille artifices pédagogiques qui vont alourdir sa disposition spontanée à l’apprentissage autonome. Le trop peut être l’ennemi du Bien. Et la route qui y mène est toujours pavée de bonnes intentions inefficaces, car pas vraiment activées avec la détermination ou la compréhension nécessaires.

-> L’être humain est génétiquement et ontologiquement destiné à apprendre. Il est voué à devenir, à chaque instant, toujours davantage ce qu’il est Le bien-être, la joie, la santé sont les indicateurs et la résultante de ce processus d’alignement entre ce pour quoi il est fait et ce qu’il fait réellement pour le devenir et l’incarner. Ce qui est vrai d’un point de vue des actes matériels l’est aussi d’un point de vue éthique dans les intentions conscientes et réelles qui guident les raisons profondes et les motivations de nos pensées, paroles, sentiments et actions.

-> La créativité est inhérente à l’animal humain car c’est son « kit » de survie pour l’adaptation à son environnement. Ce dernier est changeant, toujours en pleine mutation, comme son corps et même une bonne partie de son intériorité, de son psychisme.

-> L’éducation chez les « natives », les peuples premiers, est naturelle, par définition. Ils laissent les enfants vivre dans l’environnement sous l’œil aimant mais à bonne distance de l’ensemble du village. Les enfants sont très tôt autonomes, dès 7 ans dans certaines ethnies.

-> « Humain » vient d’humus et d’humilité. La terre-matrice de l’humanité.
L’enfant n’a pas tant besoin d’être éduqué que d’une véritable présence bienveillante.

-> Au-delà des éducations alternatives, il est nécessaire à l’humanité qui arrive de construire des alternatives à l’Éducation. Pour renouer avec les dispositions spontanées de l’être humain au meilleur niveau possible.
S’émanciper d’une éducation reçue sans qu’il y ait demande, d’une éducation menée par volonté de faire le bien de l’autre malgré-lui ou par la ruse, la séduction ou par le désir de convaincre, est une nécessité et une urgence absolue !

L’équipe « ALTER’Éducations » propose à notre commune sagacité de nous interroger sur le mode socratique, afin de structurer notre réflexion, pour d’aboutir à des solutions concrètes, sans pouvoir le garantir de manière absolue et définitive, bien évidemment.

Voici donc les questions socratiques destinées à nous faire accoucher maïeutiquement (pour exprimer les choses comme un cuistre), de pistes pour mieux aider les enfants à grandir intérieurement et extérieurement. Et pour nous aider nous-mêmes, les « éducateurs naturels ou statutaires », ainsi que tout être humain soucieux de parfaire son humanité.

Qu’est-ce qu’éduquer?

Pourquoi le monde est-il un endroit si violent alors que l’être humain est naturellement un être pacifique et mimétique ?

Quelles sont les dispositions spontanées de l’enfant ? Comment les respecter dans une société qui les ignore ?

Comment aimer un enfant de la manière la plus juste selon le contexte ? Y a-t-il des lois naturelles de l’enfant ? Quelles sont-elles ? Pourquoi faut-il les respecter le mieux possible ?

Transmettons-nous autre chose à nos enfants que nos blessures et nos limitations ? Et quid de l’Amour?

Mais au fait, c’est quoi aimer un enfant ? Savons-nous encore aimer quoique ce soit ou qui que ce soit sans cause ni attente ?

L’enjeu du contexte. Jusqu’à quel point notre environnement nous définit-il ?

Quid de l’écologie intérieure de l’enfant comme celle de l’adulte ?

Voilà quelques-unes des questions autour desquelles nous nous proposons d’échanger, afin de parfaire notre humanité et d’assurer un destin plus prometteur, plus décent à ceux qui nous succéderont ici-bas, en la « machine ronde »…

Comme disait François Villon,  « Frères humains qui après nous vivez, n’ayez contre nous le cœur endurci »… Nous ne savons pas tout… Et, blessés nous avons transmis la blessure… Avec la vie… Nous, enfants de la Terre, qui avons encore et toujours besoin d’êtres éduqués par la vie et par le monde, venons partager le meilleur de nous-mêmes pour faire progresser notre condition !!!

Quelques idées pour poursuivre la réflexion :

-> Les travaux de Célestin Freinet, Maria Montessori, Arno Stern. Pr Dr Gerald Huther, Dr Christophe André.

-> « Bibliographie neurosciences pour l’école » : http://sciences-cognitives.fr/bibliographie-neurosciences-pour-lecole/

-> Les livres de Grégory Chambat et Catherine Chabrun exposent certains points de vue d’une pédagogie libertaire : https://www.icem-pedagogie-freinet.org/bibliographie

-> Jean-Pierre Lepri, propose une bibliographie afin de réinterroger les buts réels de tout acte éducatif.