Le jardinage écologique

Le glyphosate sera bientôt interdit en France mais le reste de l’Europe a décidé de le maintenir. Que peut-on faire nous, citoyens ?

La France est encore en crise, nous cherchons bien souvent des moyens de faire des économies. Et les produits de traitement du jardin sont hors de prix. Comment s’en passer ? Voici des astuces très utiles.

Sommaire et guide :

I. Le jardinage naturel :
1) Les herbes indésirables.
     a. Les méthodes courantes.
     b. Traitement fait maison.
2) Les pucerons.
     a. Avec les mésanges.
     b. Avec les coccinelles.
     c. Avec les chrysopes.
     d.Traitement fait maison.
3) Les limaces.
     a. Paillage et autres.
     b. Fougère-aigle.
     c. Les hérissons.
     d. Les nématodes.
     e. Les pièges.
     f. Autre.
4) Les nématodes.
5) Les variétés de légumes.
6) Le labour.
7) L’engrais.
     a. Le compost.
     b. Les plantes fertilisantes.
8) Comment protéger ses arbres.
     a. L’argile.
     b. Les huiles essentielles.

II. Les mixtures pour le potager 

III. Les bêbêtes utiles :
1) Les mésanges (contre les pucerons).
2) Les coccinelles (contre les pucerons).
3) Le hérisson (contre les limaces).
4) Les nématodes (contre insectes divers, vers et limaces).
5) La chrysope (contre insectes divers et acariens ravageurs).
6) Les acariens phytoseiulus (contre les araignées rouges).

IV. Les plantes utiles 

I. Le jardinage naturel :

Ce chapitre traite des astuces de base. Vous pourrez compléter vos informations avec les suivantes.

1) Les herbes indésirables 

     a) Les méthodes courantes 

Les méthodes, outre l’arrachement pour s’en débarrasser, sont très diverses. Vous pouvez utiliser un désherbeur thermique, recouvrir votre sol avec de la paille, de la sciure de feuillu non traitée (le résineux acidifie le sol) ou avec une bâche.

Les désherbants écologiques existent mais sont souvent chers, bien que les chimiques le soient de toute façon aussi. Mais il existe un moyen très simple et très économique de remplacer ces produits.

     b) Traitement fait maison pour désherber 

Au lieu d’utiliser des produits chimiques, on peut réaliser soit même un produit beaucoup moins cher et peu polluant.

Il vous faudra simplement mélanger du vinaigre blanc avec du sel (de cuisine de préférence, mais le sel de déneigement peut aussi convenir). Les proportions sont d’une poignée de sel pour un litre de vinaigre blanc. Vous pouvez rendre votre produit plus efficace en y ajoutant une dosette de savon noir. Mélangez bien et laissez reposer environ une heure.

Les ingrédients du désherbant écologique : du sel, du vinaigre blanc et du savon noir.

C’est prêt ! Vous disposez maintenant d’un désherbant écologique très peu onéreux et vous n’avez plus qu’à le pulvériser sur les adventices.

Attention :
Le sel bien que naturel peut, en trop forte quantité, stériliser le sol et polluer la nappe phréatique. À utiliser donc avec modération. N’oubliez pas que quelques adventices ne sont pas nuisibles aux cultures. Au contraire, elles participeront à l’attrait d’espèces utiles et au détournement des nuisibles.

2) Les pucerons 

     a) Avec les mésanges 

Pour les pucerons, il est possible d’attirer des animaux dans votre jardin pour vous en débarrasser de façon efficace. Posez simplement un nichoir à mésange sur le tronc d’un de vos arbres en utilisant du fil de fer. Les clous blesseraient l’arbre et pourraient faire entrer des maladies. Il doit être à au moins 1m70 du sol sans être trop proche des branches au-dessus pour éviter que des chats attaquent les oiseaux.

Un nichoir à mésanges.

Il vous faudra le laver une fois par an en hiver (les mésanges peuvent se reproduire plusieurs fois par an, ne décrochez pas le nichoir avant le mois de novembre) avec simplement de l’eau. Ne vous inquiétez pas pour les fientes, les mésanges, contrairement aux hirondelles, les déposent loin du nid pour ne pas signaler leur présence aux prédateurs.

     b) Avec les coccinelles 

Vous pouvez également introduire des coccinelles dans votre jardin.
Il sera inutile d’en introduire à nouveau, les coccinelles migrent et reviennent pondre à l’endroit de leur naissance.

Un nichoir à coccinelles, souvent livré avec les larves.

Attention aux coccinelles asiatiques, elles sont envahissantes et peuvent s’attaquer à nos espèces autochtones.

                                                                       Une coccinelle asiatique.

                                                                      Une coccinelle européenne.

     c) Avec les chrysopes 

Une chrysope.

Ces petits insectes s’attaquent aux pucerons. Pensez à les déposer près de la zone infestée.
Si vous souhaitez connaître les nombreuses autres utilités des chrysopes, vous pouvez consulter le paragraphe les concernant : « Les bêbêtes utiles ».

     d) Traitement fait maison 

Vous pouvez aussi pulvériser un mélange de lait et de miel sur les pucerons. L’excès de sucre contenu dans le mélange les tuera sans polluer votre jardin.

3) Les limaces 

Il est difficile de venir complètement à bout des limaces mais il serait insensé d’investir dans un traitement très onéreux pour au final ne sauver que deux ou trois salades de plus qu’avec un traitement écologique. Ça ferait cher le légume ! Voici donc quelques moyens de les réguler.

     a) Paillage et autres 

Vous pouvez recouvrir votre sol avec de la paille, de la sciure ou des coquilles d’œufs. Le marc de café déposé au pied de vos plantations vous aidera aussi à repousser les limaces.

     b) Fougères-aigle 

Vous pouvez faire un paillage avec cette variété de fougère. En se décomposant, cette plante libérera un composé toxique aux limaces. Toutefois cette fougère se trouve essentiellement dans les forêts de montagne comme les Vosges. Et si vous tombez dessus, n’oubliez pas qu’on ne prélève une plante qu’en laissant la racine et si on se trouve devant une population importante.

     c) Les hérissons 

Les hérissons sont un moyen de lutte efficace contre les limaces. Pour les attirer, vous pouvez installer un tas de branches ou de compost. Attention, ne le brûlez jamais et si vous souhaitez l’étaler poussez avec le côté de votre fourche la partie que vous souhaitez ramasser avant de la planter dedans. Beaucoup de hérissons meurent chaque année brûlés ou embrochés. Des abris à hérissons peuvent être fabriqués ou achetés mais ils ne seront pas forcément plus efficaces que ces éléments naturels.

Aussi, si votre jardin et celui de votre voisin sont séparés par un grillage, parlez avec lui pour essayer d’aménager une petite ouverture. Cela permettra aux hérissons de circuler librement et de se reproduire pour mieux réguler les limaces. Le trou doit faire au moins 11cm de côté pour qu’ils ne risquent pas de rester coincés.

     d) Les nématodes

Et oui ! Certains nématodes peuvent réguler les limaces. Les nématodes de type Nemaslug pour être précis.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les nématodes, vous pouvez consulter le paragraphe les concernant dans « Les bêbêtes utiles ».

     e) Les pièges 

Arroser le sol puis recouvrir la terre humide avec des planches. Les limaces seront attirées par cet endroit sombre et humide et vous n’aurez plus qu’à les ramasser.

      f) Autre 

Des protections en métal sont vendues en jardinerie.

4) Les nématodes 

Attention :
Beaucoup de variétés de nématodes sont très utiles au jardin en détruisant de nombreux nuisibles. Sujet abordé au sein du chapitre sur les « bêbêtes utiles ». Mais il est question pour l’instant de la variété qui s’attaque aux racines des légumes.

Contre ces petits vers, plantez des œillets d’Inde. Vérifiez bien qu’il s’agit de la version buissonnante de la plante. Elle doit atteindre la même taille qu’un pied de tomate adulte. Ce n’est pas une plante envahissante, il faudra simplement la tailler de temps en temps. Vous pouvez récupérer les graines par la suite afin de produire votre série d’œillets d’Inde pour l’année suivante.

5) Les variétés de légumes 

N’oubliez pas que plus vous mettrez de variétés de légumes différentes, plus votre jardin pourra résister naturellement aux parasites. Rien que les tomates il en existe des centaines de variétés. Vous pouvez vous les procurer sur des sites d’associations comme Kokopelli. De plus ces associations vendent uniquement des variétés biologiques et non hybrides, vous pourrez récupérer les graines pour les replanter et même les échanger. Pour reconnaître qu’un plant est hybride, il doit être écrit F1 ou F2 à côté de son nom. S’il est hybride ses graines sont stériles. Si rien n’est écrit, alors vous pourrez les replanter. Les plantes hybrides sont même un fléau pour les autres plantes car lorsque leur pollen est prélevé par une abeille et déposée sur une autre fleur, celle-ci deviendra stérile à son tour.

6) Le labour 

Dans l’idéal, le labour est à éviter. Cela détruit une grande partie de la faune du sol (l’essentiel de la biomasse et de la biodiversité d’un écosystème se trouve dans le sol) très utile au jardin. Vous pouvez aérer votre sol en utilisant une biofourche. Cela demandera un peu plus de travail mais ce sera beaucoup moins cher et mauvais pour l’environnement que d’utiliser un motoculteur.

Une biofourche.

Vous pouvez utiliser de nombreux engrais naturels, mais l’erreur à ne pas faire est d’enterrer l’engrais. Il faut le déposer en surface, cela évitera le développement de champignons nuisibles dû à la privation d’oxygène. Les tunnels créés par les petits organismes du sous-sol jusqu’à l’engrais en surface aéreront votre sol.

7) L’engrais 

     a) Le compost

Pour réaliser votre compost, empilez simplement vos déchets végétaux. Ce qu’il faut éviter :
– La viande, le gras, et les os.
– Les produits salés (pain, biscuits salés…).
– Les restes de plantes à feuilles persistantes ou de bois traité.

En cas de mauvaises odeurs, vous pourrez les supprimer en ajoutant de la cendre ou de la sciure. Le marc de café vous permettra d’accélérer la décomposition de votre compost.

Un tas de compost.

     b) Les plantes fertilisantes 

Vous pouvez aussi fertiliser votre sol en plantant au début de l’automne de la moutarde, de la vesce, du trèfle…

La moutarde plantée en automne.

Ces plantes aèrent et fertilisent le sol tout en le recouvrant. Rien n’est en effet plus mauvais pour un sol que de rester découvert.

8) Protéger ses arbres 

      a) L’argile 

Un matériau très simple et facile à trouver permet de protéger ses arbres des maladies. Vous pouvez l’employer en badigeons ou pulvérisation, l’argile est un matériau bactéricide, antiseptique et fongicide. Vous pouvez le récupérer sur la terre à l’entrée des taupinières ou en magasin.

L’idéal est le kaolin, une argile prête à l’emploi et facile à trouver dans le commerce. Vous pouvez le rendre plus efficace contre les insectes nuisibles en y ajoutant 2 cuillerées à soupe de savon noir pour 5 litres d’argile. Mélanger du petit lait à 5% de votre préparation rendra aussi votre badigeon plus performant.

Aussi pensez à nettoyer la partie de l’arbre que vous allez badigeonner avant de poser votre argile. Utilisez dans l’idéal une brosse métallique pas trop dure, elle ne doit pas blesser l’écorce.

Vous pouvez l’appliquer une fois par an si nécessaire entre novembre et mars. Évitez simplement les périodes de gel et de forte pluie.

     b) Les huiles essentielles 

Leur utilisation et leurs propriétés sont plus ou moins les même que l’argile mis à part que leur application se fait au printemps, pendant la croissance de l’arbre.

Attention :
Les cicatrisants du commerce peuvent imperméabiliser la plaie qui ne respirera plus et gardera confinés humidité et éventuels germes de champignons. Quant aux peintures à terre des magasins de bricolage, elles contiennent des résines et ne conviennent absolument pas.

II. Les mixtures pour le potager

Exemple de « potions » pour le jardin :
-> Le bicarbonate de soude contre les champignons et les acariens.
-> L’huile de colza contre les cochenilles, les acariens et les pucerons.
-> Les noix de lavage contre les pucerons et les limaces.
-> Le lait contre l’oïdium et pour la vie du sol.

Vous pouvez retrouver des « recettes » pour le jardin par exemple au sein du livre « Je prépare mes potions pour le jardin » de Brigitte Lapouge-Déjean et Serge Lapouge.

III. Les bêbêtes utiles 

1) Les mésanges (contre les pucerons).

Agit contre les pucerons. Voir « Le jardinage naturel » paragraphe 2) a.

2) Les coccinelles (contre les pucerons).

Agit contre les pucerons. Voir « Le jardinage naturel » paragraphe 2) b.

3) Le hérisson (contre les limaces).

Agit contre les limaces. Voir « Le jardinage naturel » paragraphe 3) c.

4) Les nématodes (contre divers insectes, vers et limaces).

Ces petits vers sont surtout connus pour s’attaquer aux racines des légumes. Mais il en existe aussi de nombreuses variétés qui s’attaquent aux insectes nuisibles du jardin.
La variété Nemasys sera plus orientée vers les noctuelles, tipules, courtillières, doryphores, fourmis…
La variété Nemaslug, elle, sera plus orientée vers les limaces.
Il existe aussi des nématodes pour se débarrasser des otiorhynques, des mouches de terreaux et de vers blancs.

5) La chrysope (contre insectes divers et acariens ravageurs).

La chrysope est un insecte qui s’est considérablement raréfié dans nos campagnes à cause entre autres de l’agriculture intensive. Ses larves sont d’une aide très précieuse lorsqu’il s’agit de se débarrasser de pucerons ou d’autres ravageurs comme les thrips qui s’attaquent aux poireaux. Pensez seulement à les déposer près de la zone infestée.
La chrysope s’attaque aux pucerons et aux thrips, mais aussi aux araignées rouges, aux cochenilles, aux larves de doryphores…

6) Les acariens phytoseiulus (contre les araignées rouges).

Cet arachnide vous permettra de lutter contre les araignées rouges, des parasites qui s’attaquent aux fruits et aux légumes.

IV. Les plantes utiles :

Voici des exemples de plantes utiles pour le jardin :

-> La bardane comme engrais et contre le mildiou.


-> La consoude
En décoction contre les pucerons et comme stimulant.
En extrait fermenté comme stimulant.


-> La lavande
En infusion contre les pucerons.
En extrait fermenté contre les pucerons et les fourmis.

Des fleurs de lavande.

-> L’ortie
En macération contre les acariens et les pucerons.
En extrait fermenté comme stimulant et contre la chlorose en fer.
En décoction contre les champignons.

-> Le pissenlit contre les maladies cryptogamiques et comme stimulant.

-> La santoline contre les insectes ravageurs.

-> La saponaire
En décoction contre les pucerons.
En infusion contre les pucerons.
En extrait fermenté contre les pucerons et autres.


-> Le sureau
En extrait fermenté comme stimulant et pour repousser les taupes.
En décoction contre les ravageurs.


-> La tanaisie
En infusion contre la rouille et le mildiou.
En décoction contre la rouille et le mildiou.
En extrait fermenté contre les insectes ravageurs.

De la tanaisie commune.

10) L’ail
En plantation contre la cloque.
En macération huileuse contre les insectes, les acariens, les maladies cryptogamiques et pour repousser les lapins et les chevreuils.
En décoction contre les pucerons et les maladies cryptogamiques.

 
                                                               L’ail des ours prolifère en forêt.

11) L’achillée millefeuille comme stimulant et additif aux traitements antifongiques.

Vous pouvez retrouver des recettes à partir de plantes pour le jardin par exemple au sein du livre « Je prépare mes potions pour le jardin » de Brigitte Lapouge-Déjean et Serge Lapouge.

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