Pourquoi protéger les hirondelles ?

                                                                     Merci à un membre de l’équipe MOTRIS pour ce partage d’informations !

Les hirondelles, ces petits oiseaux font partie de notre patrimoine tant ils sont ancrés dans notre culture. Chaque année ils nous rappellent le retour du printemps. Et nous tiennent compagnie en élevant leurs oisillons et en construisant leur nid en haut des façades et dans les granges.

Pourtant, des gens se plaignent des saletés qu’elles produisent et détruisent leurs nids, les conduisant ainsi vers l’extinction. Peut-on imaginer un printemps et une campagne française sans hirondelles ? Que peut-on faire pour qu’hommes et hirondelles cohabitent sans qu’il y ait de dégâts ? C’est ce que nous allons voir…

1. Les hirondelles dans le monde.

Les hirondelles sont des oiseaux de la famille des passereaux. Elles sont apparues sur Terre il y a 35 millions d’années. Depuis, l’évolution les a diversifiées et l’on compte actuellement environ 74 espèces réparties dans le monde entier, dont certaines sont très menacées d’extinction.

Pour ce qui est de l’Europe, on y trouve cinq espèces :
– L’hirondelle rustique (ou de cheminée)
– L’hirondelle de fenêtre.
– L’hirondelle de rivage.
– L’hirondelle des rochers.
– L’hirondelle Rousseline.

Seules les trois premières sont présentes en Lorraine.

2. Les hirondelles françaises.

a. L’hirondelle rustique.

Cette espèce est campagnarde par excellence et se trouve des deux côtés de l’Atlantique. Elle regroupe donc de nombreuses sous-espèces de par sa répartition géographique.

Nid et reproduction :
Cette hirondelle construit un nid en forme de quart de sphère avec une ouverture sur tout le dessus. Son nid est généralement à l’intérieur des bâtiments comme les granges, les étables ou les écuries. Comme chaque espèce d’hirondelle française, elle peut réaliser trois pontes par an.

Chasse :
L’hirondelle rustique chasse en faisant des virages brusques à moins de 7 ou 8 m d’altitude et dans un rayon de 200 m autour du nid. Elle chasse les diptères et en particulier les mouches.
b. L’hirondelle de fenêtre.

Contrairement à la précédente, cette espèce est citadine. Elle est absente d’Amérique. On trouve néanmoins chez elle aussi de nombreuses sous-espèces de par sa présence dans toute l’Eurasie.
Cette espèce est celle que l’on rencontre le plus souvent, reconnaissable à son dos noir et son ventre blanc.

Nid et reproduction :
Cette hirondelle construit un nid en forme de quart de sphère avec un seul trou comme ouverture au-dessus. Son nid est généralement situé sous les avancées de toit sur les murs extérieurs des bâtiments.

Chasse :
L’hirondelle de fenêtre chasse en vol plané à une vingtaine de mètres du sol et dans un rayon de 500 m autour du nid. Elle chasse les hémiptères et en particulier les pucerons.

c. L’hirondelle de rivage.

Comme son nom l’indique, cette espèce s’installe sur les berges terreuses des cours d’eau. On la trouve de part et d’autre de l’Atlantique avec de nombreuses sous-espèces.

Nid et reproduction :
Cette hirondelle ne construit pas de nid mais vit dans un terrier qu’elle creuse sur les petites falaises terreuses des cours d’eau.


d. L’hirondelles de rochers.

Comme son nom l’indique, cette hirondelle construit son nid sur les falaises rocheuses. Contrairement aux autres, sa distribution géographique est réduite. On ne compte aucune sous-espèce et on ne la rencontre qu’au sud de l’Europe.


e. L’hirondelle Rousseline.

Cette espèce est la plus rare et la plus menacée des cinq. On ne la trouve en France que sur le pourtour Méditerranéen. Elle compte toutefois de nombreuses sous-espèces en Eurasie et en Afrique.
Cette hirondelle se reconnaît à son ventre blanchâtre et son dos noir et roux.

f. Les martinets.

Ces oiseaux sont souvent confondus avec des hirondelles. Pour les différencier, ils sont plus gros, leurs ailes forment un arc et, pour l’espèce la plus courante (le martinet noir), ils sont entièrement noirs. Bien qu’ils n’aient aucun lien de parenté avec les hirondelles, ils sont aussi à protéger. Mais nous en parleront dans un autre article.

3. Les prédateurs des hirondelles.

Il s’agit principalement d’oiseaux. En France, le faucon hobereau chasse régulièrement des hirondelles. Il y a aussi l’épervier qui peut les attraper près des haies. Pendant la migration, elles peuvent être attaquées par le faucon d’Éléonore sur les côtes Méditerranéennes.

Et bien sûr le prédateur absolu des hirondelles, comme de toute la faune, on ne le présente plus : l’homme.

4. Statut de l’espèce.

Avant toute chose, il est bon de rappeler qu’en France, les cinq espèces d’hirondelles sont protégées. En plus de l’interdiction de destruction des individus, il est formellement interdit de détruire un nid, même inoccupé. Et ce n’est pas pour rien que de telles mesures doivent être prises, il n’y a qu’à constater l’évolution des populations d’hirondelles pour le comprendre.

Évolution alarmante en 13 ans:
Diminution de 39% pour l’hirondelle rustique.
Diminution de 84% pour l’hirondelle de fenêtre.

Vous l’avez compris, il est plus qu’urgent d’agir pour protéger les hirondelles et éviter leur disparition totale.

5. Causes de régression des espèces.

Tout d’abord, pourquoi les hirondelles disparaissent ? Il s’agit en fait d’une combinaison de plusieurs facteurs :

– En premier lieu : utilisation de produits chimiques en agriculture.
– Disparition des zones humides.
– Destruction des nids.
– Nouveaux crépis empêchant l’adhérence des nids pour l’hirondelle de fenêtre.
– Disparition ou fermeture des granges, étables… pour l’hirondelle rustique.
– Pollution atmosphérique.
– Braconnage.
– Non prise en compte des colonies, elles sont parfois détruites lors de travaux.
– Intempéries.

6. Actions.

Une fois le constat alarmant établi, inutile de désespérer et de préparer les obsèques de ces malheureuses petites hirondelles. Il faut agir, et vite. Mais que faire ? Voici quelques actions simples :

– Cesser de détruire les nids, voire installer des nichoirs.

Les nichoirs à hirondelles se présentent sous la forme d’un nid encadré par des petites planches de bois, vous pouvez en trouver très facilement auprès d’associations, sur Internet ou en boutique. Elles récupèrent ainsi les fientes ce qui évite de salir le sol et le mur. Ces planches peuvent aussi être facilement installées autour des nids naturels, de préférence en hiver quand les occupants sont absents.

 Bannir les produits chimiques agricoles et de jardinage.

Pour connaître les astuces du jardinage naturel, je vous invite à consulter l’article qui en parle. Vous y trouverez de nombreuses solutions aussi bien écologiques qu’économiques.

 Consommer bio.

Il est vrai que ça peut être cher, mais en supermarché le prix du bio est parfois très correct. Faites juste attention que vos produits soient locaux (au moins d’Europe de l’ouest). Vous pouvez aussi vous fournir en AMAP (ferme souvent bio vendant directement ses produits au consommateur), en l’absence de point de vente intermédiaire, les prix ne seront pas montés entre chaque maillon. Si vous consommez régulièrement du vin, essayez de le choisir bio en cubi, ramené au prix du litre ce sera très accessible. D’autant que la vigne est extrêmement consommatrice de produits chimiques.

 Entretenir des sources d’insectes, à savoir : arbres et fleurs locales, haies, tas de compost.

 Pour les hirondelles rustiques, aménager une ouverture d’une dizaine de cm2 dans le bâtiment où elles se trouvent.

Cela évitera qu’elles ne se retrouvent enfermées à l’intérieur ou à l’extérieur.

 Entretenir une zone humide.

La raréfaction de la boue devient un problème pour ces oiseaux qui en ont besoin pour construire leur nid. Dans l’idéal, réalisez une petite mare dans votre jardin (des tutoriels existent pour vous expliquer comment vous y prendre). Cela participera à la protection de nombreuses autres espèces puisque les zones humides ont déjà diminué de moitié dans le monde. Ou à défaut, jetez simplement un seau d’eau de temps en temps au début du printemps dans une allée terreuse.

 Ne pas brûler n’importe quoi n’importe comment.

Brûler du bois traité ou pire, des poutrelles de chemin de fer ou des produits synthétiques est très nocif pour vous, comme pour l’environnement. Sans compter l’amende que vous risquez avec les associations de protection de l’environnement qui peuvent signaler à la police ces feux dangereux.

Sensibiliser son entourage.

7. Conclusion.

Si tout le monde s’y met un peu, la population d’hirondelles, si chère à la France et aux souvenirs d’antan, peut augmenter à nouveau. Comme ça a déjà été le cas pour d’autres espèces.

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Le livre « les hirondelles » de la collection « les sentiers du naturaliste » de Diana ALVÈS et Jean SÉRIOT est l’un des documents qui a permis la réalisation de cet article.